Histoire de la chapelle

La bâtisse est un édifice dont la façade néo-classique du 18e siècle inspirée du Panthéon de Rome, fut classée à l’inventaire des Monuments Historiques en 1927. La chapelle a obtenu à l’occasion de sa réhabilitation "Les rubans du patrimoine en 2008".

1035 : La chapelle apparaît pour la première fois sous le nom de Saint- Michel dans un acte par lequel Guillaume II, seigneur d'Aubagne, confirme la donation, faite par son père, de la chapelle à l'Abbaye de Saint-Victor. Elle est située alors à l'extérieur du castrum d'Aubagne, sur la partie la plus haute de la colline, conformément aux coutumes liées à l'archange Saint-Michel.

1472 : Après avoir été abandonnée au profit de l'église Saint-Sauveur, la chapelle est reconstruite, présentant alors un bâti orienté en croix latine avec abside.

1551 : La confrérie des Pénitents noirs nouvellement créée investit la chapelle puis, en 1564, la prolonge vers l'ouest.

1784 : Après de nombreux travaux d'agrandissement, la chapelle est dotée de sa belle façade néo-classique inspirée du Panthéon de Rome.

1792 : Elle sert d'étable aux bœufs destinés au ravitaillement des troupes de Bonaparte pendant le siège de Toulon puis est abandonnée suite à la suppression des confréries.

1833 : La ferveur des Pénitents permet le rétablissement de la confrérie puis la restauration de la chapelle. Les travaux durent quatre ans : clocher reconstruit, nouvelle toiture en tuiles vernissées noires, corniche intérieure en gypseries. Le tournant de siècle marque l'arrêt définitif des activités des pénitents qui prouvent une dernière fois leur valeur lors de la grande épidémie de choléra en 1887.

1914-1918 : La chapelle est réquisitionnée pour le cantonnement des soldats. Elle sert ensuite de salle de spectacle où se jouent les pastorales.

1927 : La façade est inscrite sur l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

2001 : La chapelle est réhabilitée en salle d'expositions temporaires devenue aujourd'hui Centre d'art.

 

Les pénitents

Ces laïcs regroupés en confréries apparaissent d'abord en Italie, à la toute fin du XIIe siècle. Ce mouvement gagne le sud de la France à partir du XIIIe siècle (Pénitents gris à Avignon, fondés en 1226), pour se multiplier entre le XVe et le XVIIe siècle. Aubagne avec trois confréries regroupe, au milieu du XVIIIe siècle, près d'un millier de pénitents soit un sixième de la population de la ville. Les noirs sont les plus anciens (1551), puis viennent les blancs (1624) et les gris (1672). Ils accomplissent des rites de dévotion et des actions de charité en étant revêtus d’une aube serrée à la taille par un cordon et portant une capuche leur couvrant le visage. La couleur détermine leur nom et leurs activités. Ce costume, dissimulant leur identité, leur assure ainsi une parfaite égalité sociale. Ils sont enterrés avec et nu-pieds.